Archives de janvier 2016

SUNDAY PIC – MIRÓ – CONSTELLATIONS

miro

Il faut visiter la fondation Miro à Barcelone ! D’abord le lieu est magnifique, dans le parc de Montjuich, au-dessus de la ville, mais c’est surtout la richesse du fonds qui impressionne. Grâce à une donation du peintre, on peut suivre l’évolution du travail de celui-ci, lui qui fut une figure du mouvement surréaliste.

Né à Barcelone (Espagne) le 20/04/1893 ; Mort à Palma de Majorque (Îles Baléares, Espagne) le 25/12/1983
Joan Miró naît d’un père bijoutier en 1893. Il se passionne très tôt pour l’art et la créativité. Il effectue ses études à l’école des Beaux-Arts de Barcelone, puis à l’Académie Galli. En 1919, il se rend à Paris et y rencontre les plus grands artistes de son temps. Il est tout d’abord influencé par le fauvisme, puis le cubisme avant d’intégrer le groupe surréaliste d’André Breton. De tous les genres, c’est le dadaïsme qui le bouleverse plus particulièrement. Il fait preuve d’une grande imagination, d’humour et de fantaisie pour donner une vie nouvelle aux objets et aux formes qui l’entourent.

Il peint la Naissance du monde en 1925 puis se tourne vers la sculpture et le collage (la Danseuse espagnole, 1928). Il affirme alors vouloir « assassiner la peinture ». En 1937, la guerre le contraint à quitter l’Espagne pour la France. Ce conflit influence grandement son oeuvre, autant dans les tons que dans les formes qu’il peint et crée. Après la guerre, il poursuit son art pictural en décorant des monuments ou façades (Terrace Plaza hotel à Cincinnati ou la Lune et le Soleil sur le bâtiment de l’Unesco à Paris). Il peint également les trois Bleus en 1961. Il s’éteint en 1983.

 

STEVEN SPIELBERG – LE PONT DES ESPIONS – DÉCEVANT…

le_pont_des_espionsJe n’aurais jamais cru être déçu par un film de Steven Spielberg à ce point là ! Il fut un temps où chaque sortie d’un film de ce réalisateur était un vrai bonheur, inventant ou ré-inventant un genre à chaque nouvel opus : Les dents de la mer, Rencontres du troisième type, les aventuriers de l’Arche perdue, E.T., Jurassic Park, La liste de Schindler, Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan, A.I., Minority Report, le Terminal… Pour ne citer que ceux là…Ces films ont réalisé plus de 90 millions d’entrées en France ! Et déjà, on pouvait classer ses films en deux catégories : les films de pur divertissement et les films plus « intimistes », souvent basés sur des faits réels, plus « engagés » sur des faits de société ou des moments historiques. On est clairement ici dans la deuxième catégorie, le scénario se base sur des évènements qui se sont passés à Berlin dans les années 60  :

James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier l’échange du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé contre un espion russe condamné aux Etats Unis.

Oui, le scénario est mince et on connait déjà la fin à la lecture de ces quelques lignes… Et la seule chose qui ressorte de ce film, c’est l’ennui; car il ne se passe pas grand chose durant deux heures… On ne peut même pas se « raccrocher » à l’interprétation de Tom Hanks, qui, pour une fois, est totalement transparent… Un Spielberg à oublier au plus vite en attendant un sursaut d’un de mes réalisateurs préféré (malgré tout !).

DIONYSOS – VAMPIRE EN PYJAMA – COMME UNE RE-NAISSANCE…

dionysosDionysos revient avec un nouvel album, « Vampire en Pyjama ». C’est un album de Dionysos mais c’est aussi et surtout un album de Mathieu Malzieu, le leader du groupe. Car tout l’album, presque un concept album, trace et retrace la maladie qu’ a subi Mathieu l’année dernière…. C’est lui le « Vampire en Pyjama » du tire de l’album. Atteint d’une maladie du sang très grave, souvent mortelle, il a été hospitalisé longuement et en a profité pour écrire ce disque, sorte de journal intime de sa maladie. Album sombre donc où l’on apprend que Dionysos, en grec, signifie « né deux fois », un peu comme Mathieu Malzieu… Mais comme il le dit lui même : « C’est un disque de combat… ». »L’autodérision et l’humour auront été mes armes ». Sauf dans le troublant « Dame Ocles »… Musicalement on retrouve Dionysos et c’est un vrai bonheur.

Je suis le vampire de l’amour,
Je dois embrasser tous les jours…
Pour rester en vie chaque nuit,
Je dois embrasser pour toujours…Oh, vampire, vampire de l’amour,
Chaque nuit, sous ta peau, mon ombre
Se retisse, se divise, mon ombre
Je pars en confetti…Une étoile a poussé dans ton lit,
Même sous la pluie elle brille et te sourit
Elle pourrait te sauver pour toujours,
Si tu n’étais pas qu’un…Vampire, vampire de l’amour,
Vampire, vampire de…Chaque nuit, sous ta peau, mon ombre
Se retisse, se divise, mon ombre
Je pars en confetti…Vampire, vampire de l’amour,
Vampire, vampire de l’amour,
Vampire, vampire de l’amour..

CESARS 2016 – LES NOMINATIONS – MAIS OU EST LE CINEMA ?

cesarLa liste des nominations aux Césars nous en dit beaucoup sur l’état du cinéma français… Encore une fois, les « professionnels » ont choisi des films à l’opposé des goûts du public ! Peu ou pas de succès populaires, des films à la veine sociale… Curieuse image du cinéma français en 2016… D’ailleurs, je ne peux pas en faire une critique objective puisque je n’ai quasiment vu aucun des films nominés… Et pourtant, je vais au cinéma régulièrement… Rendez-vous donc le 26 février pour la soirée la plus ennuyeuse de l’année… Et pire que tout, animée par Florence Foresti !!!

Meilleur film : Dheepan, Fatima, La Loi du marché, Marguerite, Mustang, La Tête haute, Trois souvenirs.

Acteur : Jean-Pierre Bacri, Vincent Cassel, François Damiens,Gérard Depardieu, Vincent Lindon, Fabrice Luchini, Antonythasan Jesuthasan.

Actrice : Emmanuelle Bercot, Cécile de France, Catherine Deneuve, Catherine Frot, Isabelle Huppert, Soria Zeroual

Acteur dans un second rôle : Michel Faux, Louis Garrel, Magimel Marcon, Vincent Rotier

Actrice dans un second rôle : Sara Forestier, Agnes Joui, Noemie Lvosky, Karin Viard…

Espoir Masculin : Swan Arlo, Quentin Dolmer, Felix Moati, Finegan Hotfield, Rod Paradot

Espoir féminin : Lou leroy Coliney, Diane Rouxel, Zita Henro, Sara Giraudeau, Camille Cotin

Réalisateur : Dheepan, Loi du marché, Mon Roi, Mustang, La Tête Haute, Trois souvenirs

JO NESBØ – RUE SANS-SOUCI –

nesboVoilà un nouvel épisode des aventures et des enquêtes de l’inspecteur Harry Hole, basé à Reyjavik, en Islande. Comme dans toutes ces séries avec un héros récurrent, c’est la personnalité et les déboires de Hole qui sont au centre du récit… qui reste néanmoins une enquête policière :

Un hold-up sanglant concentre toutes les forces vives de la Brigade Criminelle. Harry Hole en tête, en binôme avec une nouvelle partenaire, Beate, une pro de la vidéo, dotée d’un talent physionomiste hors pair. L’enquête piétine, un second braquage a lieu, et Harry revoit une ancienne conquête, Anna. Un peu malgré lui, il accepte un dîner, et mal lui en prend. Le lendemain, une amnésie totale des douze dernières heures et son portable introuvable le font renouer avec ses démons : pas de doute, c’est une gueule de bois carabinée qui rattrape l’alcoolique repenti. Les ennuis recommencent pour Harry : Anna est retrouvée morte. Un polar palpitant qui nous plonge au cœur de la communauté tzigane, et nous fait vivre au rythme du travail des enquêteurs : nous voilà partis sur la piste du braqueur en série, bien sûr, mais aussi sur celle que Harry suit en parallèle, convaincu qu’Anna ne peut s’être suicidée, et surtout bien décidé à sauver sa peau.

Et c’est peut-être cette ambiguïté entre l’enquête proprement dite et la vie personnelle du héros qui est un handicap dans ce roman… Car, entre les deux, l’intérêt du lecteur s’amenuise et on peut presque parler d’ennui… Il faut dire que le roman est long, très long (plus de 500 pages) et il faut s’accrocher pour ne pas décrocher !

RENAUD – TOUJOURS DEBOUT – SINGLE GAGNANT !

renaudRenaud revient… Ce n’est pas « le retour de Gérard Lambert » mais « Le retour de Renaud Séchan » ! Et c’est finalement assez émouvant…. Depuis plus de 40 ans , « Paname » en 1975, Renaud nous a accompagné avec ses coups de colère, ses coups de tendresse… Ses erreur aussi, ses errances souvent… Mais, aujourd’hui, il revient avec ce titre qui lui ressemble tant… Car si c’est une déclaration d’amour à son public, à ses fans, il faut que cette déclaration passe par la colère… par la colère et une attaque en règle contre les faux journalistes… La suite est prévue au mois de mars… Il me tarde d’écouter les autres chansons de cet album pour être sur que Renaud, le vrai, est bien de retour !

LAURIE DARMON – MESURE PREMIÈRE – DÉLICAT ET SUPERBE !!

laurie_darmonJ’entends souvent, en ce moment, des voix qui disent que c’était mieux avant, que les vrais chanteurs n’existent plus, que la période des années 60 était l’âge d’or de la musique française… Comme quoi, il n’y a pas qu’en politique qu’il existe des « déclinistes », il y a aussi les « déclinistes » de la chanson… Et ceux là doivent être calfeutrés chez eux et ne rien écouter si ce n’est des radions généralistes… Car c’est bien le contraire qui se passe en ce moment, avec des chanteurs, des chanteuses, des groupes passionnants dans tous les styles de musique. La preuve en est cette nouvelle découverte, Laurie Darmon, qui séduit dès la première écoute… Tout est réussi dans ses chansons  : les textes, la musique et surtout cette voix  qui charme immédiatement.

Elle est le  Coup de Cœur Spotify pour 2016 et a sorti un premier EP, « Mesure Première », en attendant le deuxième, « Mesure Seconde » le 4 mars. Elle a fait les premières parties de Thomas Dutronc et la Grande Sophie…

A n’en pas douter nous entendrons bientôt parler de Laurie…

Et voici sa biographie :

Laurie Darmon a 24 ans et un parcours à plusieurs mesures.

D’abord,  il y a la musique. Avant les mots d’enfant, avant les maux des grands, avant d’aller dormir, il y a le magnétophone et les chansons qu’un père compose après le travail, et tous les week-end, et qui sont là pour bercer ses enfants. Ensuite il y a le reste, le pire. La passion qui se déclare. La phrase tombe fatalement lorsqu’elle a 19 ans, après quinze années de piano, un parcours scolaire studieux, de la guitare, de la batterie, des chansons nées entre deux cours ou dans la lumière nocturne des questionnements adolescents.  Laurie poursuit alors des études de droit à la Sorbonne. Un amphi et des élèves concentrés autour d’elle, et sa mine un peu triste parmi eux. Des histoires juridiques qu’elle suit avec intérêt, mais qui ne la transcendent pas. L’arrière-goût de la frustration plane désormais un peu, puis un peu plus, et la pousse à faire ce pas qu’elle n’osait pas : la scène. Un soir de novembre 2011, elle propose son premier concert. Elle a 20 ans, un piano sous les doigts, trois musiciens qui l’accompagnent, et une heure devant le public plongé dans le noir. Laurie entre sur scène, puis Laurie sort de scène, mais un monde la sépare d’avant cette heure de concert. Là bas il n’y avait pas d’arrière-goût, ni d’anxiété. Il y avait des gestes libérateurs qui n’ont pas leur place au quotidien, des madeleines de Proust chargées des rêves refoulés d’une petite fille qui voulait toujours faire des spectacles à qui voulait bien regarder, et enfin, il y avait un échange comme elle n’en a jamais connu auparavant. Laurie se promet de tout faire pour que la scène se repasse à long terme. Diplômée en droit en juin 2013, elle peut enfin se consacrer à l’élaboration de son véritable projet musical. En septembre 2013, elle entame ainsi la réalisation de son premier disque, un EP de 5 titres dans lequel elle met ses souvenirs, son insouciance, son endurance et ses sourires. Elle s’entoure d’une équipe qui va, qui vient, qui est en mouvance et qui s’installe petit à petit, composée d’arrangeurs, de musiciens, d’ingénieurs du son, de directeurs artistiques. Les étapes à franchir ensuite – réalisation, enregistrement des instruments et des voix, mix et mastering – s’achèvent finalement en juillet 2014. Quelques neuf mois furent ainsi nécessaires à ce qu’elle décrit comme un accouchement d’elle-même, ce disque auto-produit qu’elle a pensé, repensé, construit, déconstruit, reconstruit, et qui est enfin né. Bercée par la bossa nova et la variété française, Laurie propose une musique qui mélange les sons, les couleurs et les humeurs, et où les mots viennent battre la mesure dans un élan tantôt chanté, tantôt parlé. Si ses compositions ont toutes une première vie au seul son d’un piano, son instrument de formation, elle a cependant voulu leur donner un second souffle plus mature et s’est entourée de deux réalisateurs, Wladimir Pariente et Martin B. Janssen, et de plusieurs musiciens dont François Villevieille (du groupe Eléphant), avec lesquels, en prenant le temps qu’il fallait, elle est parvenue à approcher au mieux ce qu’il y avait dans sa tête. Un monde musical où les mélodies sont soleil, les rythmiques sont colères, et la voix murmure fort et s’emporte doucement. Une rencontre hasardeuse entre la chanson française, la poésie et un flow aux frontières du slam, sur laquelle Laurie pose des histoires personnelles.

Elle y raconte une version libre de ce qui vient peupler une vie, et prend soin de ne jamais trop en dire pour laisser libre cours à l’imagination naturelle des auditeurs.