Archive for the ‘ rayon livre ’ Category

PAULA HAWKINS – LA FILLE DU TRAIN – SUSPENSE FERROVIAIRE…

Tout d’abord, il faut dire qu’il est très difficile de définir le genre précis de ce roman… Esr-ce un roman policier classique où l’on traque le coupable ? Est-ce un thriller où l’on tente d’échapper à un tueur particulièrement sadique ? C’est un peu des deux mais c’est surtout un formidable exercice d’écriture, un peu vain, mais formidable ! En effet, dès le début l’auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes… Elle nous présente l’histoire façon puzzle (!!!), les chapitres se succédant dans une sorte de cyclone littéraire…Le point de vue du narrateur change donc à chaque division du livre, trois « héroïnes », Rachel, Megan et Anna se succédant pour raconter un moment, une action, une scène.  La narration chronologique est aussi explosée et demande une attention soutenue… L’histoire est finalement assez classique :

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller et revenir de Londres. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe une jolie maison. Cette maison, elle la connaît par coeur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle aperçoit derrière la vitre : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.
Mais un matin, elle découvre un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Bizarrement,  on est immédiatement séduit par cette forme de récit… je dis bizarrement car on a du mal à cerner ce qui séduit dans cette écriture… On est séduit et on a du mal à lâcher ce livre, une fois que l’on a commencé… On sera un peu déçu par la fin du livre et la révélation du coupable… Mais ce qui restera de cette lecture, ce sera finalement le portrait, très réussi, de ces trois femmes, Rachel, Megan et Anna, trois figures, trois caractères, différentes et semblables dans leur lutte contre une société patriarcale…

 

DONNA LEON – MORT EN TERRE ÉTRANGÈRE – SUSPENSE A VENISE…

mort-en-terre-etrangereMort en terre étrangère (Death in a Strange Country, dans l’édition originale en anglais) est un roman policier américain de Donna Leon publié en 1993. C’est le deuxième roman de la série mettant en scène le personnage de Guido Brunetti, le commissaire vénitien, enquêteur hors pair….

Comme toujours chez Donna Leon (écrivaine américaine qui vit à Venise), la Cité des Doges tient lieu de décor au roman… Elle est même plus que le décor, elle est un personnage du livre.

L’histoire semble classique mais ne l’est pas vraiment :

Le cadavre d’un jeune homme est repêché à l’aube dans un canal de Venise. Après examen du corps par le médecin légiste, tout laisse penser que le mort a été victime d’une agression crapuleuse, sans toutefois que le commissaire Guido Brunetti en soit convaincu. Il s’avèrera que la victime est un sergent médecin de l’armée américaine, stationné sur la base de Vicence, à une soixantaine de kilomètres de Venise.

Parallèlement, Brunetti est chargé d’enquêter sur un curieux cambriolage ayant eu lieu dans la demeure d’un riche homme d’affaires, sans qu’un lien puisse être fait entre les deux enquêtes, sauf dans l’intuition du commissaire.

Après le meurtre initial, d’autres victimes viendront compliquer la situation, tout en l’éclaircissant dans l’esprit de l’enquêteur, tandis que diverses strates de la société italienne sont impliquées dans un complot visant à la dissimulation d’un vaste trafic de déchets toxiques.

Un roman qui se lit avec grand plaisir et où le personnage du commissaire Brunetti prend de l’ampleur… Comme c’est le cas avec ces personnages récurrents, on aime à connaître ses goûts, sa famille, ses forces et ses faiblesses… La série de ses enquêtes comptant une vingtaine de titres, on peut lui donner facilement  rendez-vous pour une prochaine aventure !

MICHAEL CONNELLY – LE VERDICT DU PLOMB – ÉTONNANT ET PASSIONNANT

connelyMichael Connelly montre, encore une fois, ici, son habileté et son talent d’écrivain… Il met en scène ses deux héros récurrents, Harry Bosch et Mickey Haller qui tient le devant de la scène… L’histoire est classique :
« Tout le monde ment. Les flics. Les avocats. Les témoins. Les victimes. Le procès n’est que concours de mensonges. Et dans la salle d’audience, tout le monde le sait. Le juge. Les membres du jury, même eux. Tous, ils viennent au prétoire en sachant qu’on va leur mentir. Tous, ils prennent place dans le box et sont d’accord pour qu’on leur mente. L’astuce, quand on s’installe à la table de la défense, est de se montrer patient. D’attendre. Pas n’importe quel mensonge, non. Seulement celui dont on va pouvoir s’emparer et, tel le fer porté au rouge, transformer en une lame acérée. Celle dont on va pouvoir se servir pour d’un grand coup éventrer l’affaire et lui répandre les boyaux par terre. Mon boulot, c’est de forger cette lame. De l’aiguiser. Et de m’en servir sans pitié ni conscience. D’être enfin la vérité en un lieu où tout n’est que mensonges. » Quand son confrère et ami Jerry Vincent est assassiné dans de mystérieuses circonstances, l’avocat Mickey Haller, qui hésite à reprendre du service, hérite de son cabinet et des affaires en cours. Confronté à un magnat d’Hollywood accusé d’avoir tué son épouse et l’amant de cette dernière, Haller ne tarde pas à comprendre qu’il est à son tour menacé. Mais par qui ? Et pour quelles obscures raisons ? Pour celui qui a pour habitude de ne travailler qu’à l’arrière de sa Lincoln, la situation se complique d’autant plus que l’inspecteur Harry Bosch se place continuellement en travers de sa route.
Entre suspense haletant et coups de théâtre à répétition, confrontant pour la première fois ses deux héros récurrents, Michael Connelly transcende l’horreur sans la fuir. Au point que Le verdict du plomb fait déjà figure de classique. Surtout lorsque l’on apprend, ultime révélation, la relation qui existe entre Haller et Bosch !! Excellent roman policier, à recommander !!!

Le

R.J. ELLORY – UN COEUR SOMBRE – UN ROMAN NOIR ET PASSIONNANT…

couverture-roman-ellory-coeur-sombreR.J. Ellory est vraiment un des meilleurs auteurs de romans policiers actuels … Il le prouve encore ici avec ce roman maîtrisé de bout en bout. On y suit les « aventures » d’un policier corrompu nommé Vincent Madigan.

Sous sa façade respectable de policier new-yorkais, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd’hui, il a touché le fond, et la grosse somme d’argent qu’il doit à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, risque de compromettre son identité officielle, voire de lui coûter la vie. Il n’a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune et monter un gros coup pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent très mal, il doit se débarrasser de ses complices, et un enfant est blessé lors d’échanges de tirs. Comble de malchance, le NYPD confie l’enquête à la dernière personne qu’il aurait souhaité. Rongé par l’angoisse et la culpabilité, Madigan va s’engager sur la dernière voie qu’il lui reste, celle d’une impossible rédemption.

Dans ce scénario, on reconnait tous les marqueurs des grands films et des grands romans policiers des années 50 : le policier véreux, le chef de la mafia implacable, les nombreuses conquêtes féminines du héros, les hasards qui sont toujours défavorables au héros… Ou plutôt au anti-héros, car c’est bien de cela dont il s’agit dans ce livre : un anti-héros qui mélange le bien et le mal, qui confond innocence et culpabilité, cet homme qui a « le cœur sombre » comme le dit le titre du livre… On suit avec passion les aventure de Madigan, espérant une issue heureuse mais…. je ne vous révèlerai pas la fin car cela serait criminel.

Un roman à lire, à dévorer, un des meilleurs que j’ai lu cette année !!!

(Merci aux Editions Sonatine et à leur partenariat…)

LE DESSINATEUR GOTLIB EST MORT…AUJOURD’HUI GAI LURON EST TRISTE…

gotlibLeonard Cohen, David Bowie, aujourd’hui Gotlib toute mon adolescence est en train de disparaître…

Gotlib avait créé une ribambelle de personnages : Gai Luron, Super Dupond, Pervers Pépère, Hamster Jovial, la coccinelle, un Newton déjanté… On attendait, chaque semaine, ses Dingodossiers ou ses Rubrique-à-Brac… Il fut un des piliers de Pilote puis de L’écho des Savanes puis de fluide Glacial (deux journaux qu’il avait créés pour être plus indépendant) … Son humour loufoque et décapant, très contrôlé au début de sa carrière deviendra de plus en plus libre et adulte… Dessinateur hors pair, il a influencé toute une génération d’auteurs de BD. N’hésitez pas, relisez les Dingodossiers, vous ne serez pas déçus… Et cela n’a pas vieilli et ne vieillira jamais..

VICTOR DEL ARBOL – LA TRISTESSE DU SAMOURAI

del_arbolVíctor del Árbol, né en 1968 à Barcelone, est un romancier espagnol, auteur de roman policier.

Il fait ses études supérieures en histoire à l’Université de Barcelone. De 1992 à 2012, il travaille comme fonctionnaire du gouvernement de la Catalogne (corps de la police régionale catalane Mossos d’Esquadra). Il participe également à une émission radiophonique de Ràdio Estel.

Il amorce une carrière d’écrivain avec la publication en 2006 du roman policier El peso de los muertos. C’est toutefois la parution en 2011 de La Tristesse du samouraï1 (La tristeza del samurai), traduit en une douzaine de langues et best-seller en France, qui lui apporte la notoriété. Pour ce roman, il remporte plusieurs distinctions, notamment le prix du polar européen 2012.

Dans « La tristesse du Samourai », il brosse un portrait de l’Espagne des années 40 aux années 80. Il y fait vivre ses personnages qui y apparaissent à des époques et dans des lieux différents… L’histoire est simple, mais la lecture beaucoup moins !!

Comme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin.
Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train de 4 heures en direction de Lisbonne partira sans elle.
L’enfant rentrera seul chez son père, appâté par le sabre de samouraï de ses rêves qu’un homme vient de lui promettre. Isabel disparaît pour toujours. Quarante ans plus tard une autre femme a commis un meurtre et doit comparaître devant la justice des hommes mais pour cette brillante avocate, cela n’a guère d’importance. Elle est atteinte d’une tumeur cérébrale et c’est à sa mémoire qu’elle doit des comptes.
Au cours d’un procès mémorable, quelque temps auparavant, elle a réussi à faire condamner un policier véreux, ouvrant sans le savoir la boîte de Pandore. Elle a été manipulée en raison d’une tragédie ancienne dont elle ignore tout. Les rejetons d’une famille maudite cherchent à lui faire payer quatre décennies de vengeance et de haine. Des premières années de l’après-guerre à la tentative de coup d’état de février 1981, après un détour par les steppes de Stalingrad, la saga familiale est lourde de complots, d’enlèvements, de trahisons.
Sous un léger vernis de démocrates, les ex-phalangistes continuent de tirer les ficelles. Les personnages et les situations se répondent, marquant trois générations au fer rouge. Les carences affectives ont transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel. La Tristesse du samouraï est un étonnant roman policier qui se joue à merveille de l’opacité d’un contexte historique et un intense thriller psychologique qui mène les personnages aux limites de leurs forces pour sauver l’honneur de la lignée.

L’auteur hésite constamment entre thriller et roman historique; en fait, c’est un roman noir, très noir… On ne peut que reconnaître la qualité d’écriture de Del Arbol qui fait de ce livre un grand roman… Mais certainement pas un roman policier ! Il apparait plus comme un gigantesque règlement de comptes avec la période franquiste en Espagne. Et finalement la meilleure des définitions pour ce livre serait peut-être un roman politique ! Un livre que je conseille car il est très original dans sa conception mais pas aux amateurs de romans policiers classiques ou de thrillers anglo-saxons…

FRANCK THILLIEZ – ATOM[K]A – DU FEU NUCLÉAIRE AU FROID MORDANT !

atomkaFranck Thillliez  a crée un « couple  » de policiers que l’on retrouve dans plusieurs de ses romans :

On découvre Lucie Henebelle dans La Chambre des morts, on la retrouve dans La Mémoire Fantôme. Pendant qu’elle officie dans le Nord, Franck Sharko enquête sur Paris dans Train d’enfer pour ange rouge puis il revient dans Deuil de miel. Les deux héros vont se croiser dans un superbe diptyque qui est paru aux éditions Fleuve Noir : Le Syndrome E (octobre 2010) puis Gataca (avril 2011).

Ils sont, ici, confrontés à une enquête particulièrement difficile :

Lucie Henebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, Quai des Orfèvres, tentent de se remettre d’un drame qui a failli les séparer. Ils essaient de faire un enfant, en vain. Et à quelques jours de Noël, ce qui les attend est loin d’être l’annonce d’un heureux événement. À l’heure où tout le monde rentre se réchauffer, le froid, la mort et les souvenirs maudits guettent.
Une affaire d’envergure démarre alors. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue et amie a disparu, alors qu’elle enquêtait sur un gros dossier dont personne ne connaît le contenu.
Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier, détenue par un enfant errant, très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis par des coups de fil mystérieux à la police.
Tandis que l’enquête s’accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse, et semblant particulièrement lui en vouloir. Un duel secret et cruel s’engage alors, détruisant le flic à petit feu.

C’est toujours un plaisir de retrouver ces héros du quotidien au fil des livres… On retrouve aussi le style et les thèmes chers à Thilliez, comme il existe des films d’horreur, cet auteur a su créer un genre nouveau, le polar horrifique…  Car dans ce nouvel opus, il faut parfois avoir le cœur bien accroché pour poursuivre la lecture. Mais, malgré tout, on dévore le livre avec passion, avalant ses 600 pages en un temps record !