Archive pour février 2013

Bill Bryson : MOTEL BLUES

motel_blues
« Je suis né à Des Moines. Ce sont des choses qui arrivent. Quand on naît à Des Moines, ou bien on accepte la situation sans discuter, on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l’usine Firestone et on vit là jusqu’à la fin des temps ; ou bien on passe son adolescence à se plaindre à longueur de journée que c’est un trou et qu’on n’a qu’une envie, en partir, et puis on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l’usine Firestone et on vit là jusqu’à la fin des temps. »

Bill Bryson commence ainsi le récit autobiographique de son périple dans une quarantaine d’états des USA. Avec un humour irrésistible, il nous plonge au coeur de l’Amérique profonde, celle des motels, des « highways », des rencontres improbables…

Au volant de la Buick de sa mère il va partir de Des Moines en Iowa pour faire deux « roadtrips », le premier vers l’est et le sud traversant le Missouri, l’Illinois,le Tennessee, Le Mississippi, l’Alabama, la Géorgie.. remontant tous les états de l’Est jusqu’à la frontière canadienne puis obliquant vers l’ouest et les grands lacs; le deuxième vers l’ouest, le Dakota du Sud, le Wyoming, le Montana, l’Idaho, le Nevada, la Californie, l’Arizona, l’Utah, le Colorado, le Kansas, le Nebraska… Chaque périple le ramène à Des Moines.

Il évite soigneusement les grandes villes et nous nous retrouvons avec lui dans des « bleds »  improbables ;  l’humour est toujours présent dans ce livre et sa description de l’Amérique sans complaisance, mordante et ironique.

Un livre qui donne envie de louer une Buick et de prendre la route ! « On the road again » !

A votre tour ! Si vous voulez, comme Bill Bryson, faire un « road trip » aux Etats-Unis,

un coach va vous aider à préparer tout votre voyage : coach USA

Publicités

Tom Wolfe : MOI, CHARLOTTE SIMMONS

9782266157070Tom Wolfe n’a écrit qu’une quinzaine de romans dans une carrière assez longue , des années 60 à maintenant; mais il reste un témoin privilégié de l’Amérique moderne à travers ce qu’il a appelé « le nouveau journalisme ». Il est l’auteur, entre autres, de deux livres qui ont été adaptés au cinéma : « L’étoffe des héros » et « Le bûcher des vanités ». 

Dans ce livre, qui date de 2006, il nous décrit une université privée de l’est des États-Unis à travers le parcours « initiatique » d’une élève, Charlotte Simmons,  arrivant d’une petite bourgade de Caroline; elle est intellectuellement  très douée mais un peu gourde concernant ses rapports avec les jeunes de son âge; tant sur le plan amical que dans ses rapports avec les garçons…

Son arrivée dans cette université va être un choc pour elle dans tous les domaines, elle va côtoyer l’alcool, la drogue, le sexe, l’injustice… Elle aura bien du mal à faire ce pourquoi elle était venue dans cette université : étudier.

A travers le portrait de Charlotte et des autres étudiants de cette université, Tom Wolfe se livre à une critique féroce du système éducatif américain et plus particulièrement de ces facultés privées. Évidemment le rang social y est primordial et souvent plus important que les résultats purement scolaires… Et surtout le traitement réservé aux « sportifs » (ici des basketteurs) est proprement scandaleux, ils sont protégés des examens, bénéficient d’aides spécifiques et sont sûrs de réussir leurs examens pour peu qu’ils fassent gagner leur équipe…

Charlotte Simmons, adolescente mal dans sa peau, subira tous les affronts de cette société en miniature; elle y affrontera une solitude autant intérieure qu’extérieure…

Mais comme dans tout roman initiatique, elle finira initiée… Mais il faudra lire ce roman pour savoir à quoi !

Le nouveau roman de Tom Wolfe, « Bloody Miami » sortira le 28 mars prochain. Encore un portrait de l’Amérique actuelle où  » ‘il faut que tout change pour que rien ne change » (phrase tirée du Guépard de Visconti)… A suivre…

Nick Cave and the Bad Seeds : Push the sky away

Push-The-Sky-Away-PACKSHOT1-768x768Nick Cave est un musicien australien né en 1957… Il est musicien  mais aussi acteur, scénariste, écrivain et poète. Élevé dans une famille très religieuse, il s’enfuit à Melbourne où il se consacrera alors à la musique…rock ! Il fondera le groupe « The Boys Next Door » qui changera de nom en « The Birthday Party  » qui tournera jusqu’en 1984. C’est alors qu’il s’exilera à Los Angeles et fondra le groupe « Bad Seels » avec lequel il joue encore… Bad Seels = Les mauvaises graines… Ils enregistreront 13 albums ensemble.

La BO de Scream 3 le fera (re)connaitre en 2000, grâce au morceau « Red Right Hand » (à écouter ci-dessous).

Nick Cave and the bad seels, après un silence de cinq ans, sort un nouveau album : « Push the sky away » ! C’est évidemment un évènement sur la planète rock ! (couverture des Inrocks cette semaine !).

Naviguant entre Lou Reed et Tom Waits, Nick Cave renoue avec un rock mélodique et assagi… J’aime beaucoup la définition des Inrocks, Nick Cave est un « crooner volcanique »… A écouter « Jubillee Street » extrait du nouvel album.

David Cronenberg : COSMOPOLIS

Cosmopolis-UK-Poster1 Cosmopolis est sorti en mai 2012, ce n’est donc un film « d’actualité » mais juste une séance de rattrapage.

Cosmopolis est un film de David Cronenberg et on reconnait rapidement son style et ses obsessions… Bien qu’ici, il adapte le livre homonyme de Don De Lilo, un immense écrivain américain. Les dialogues sont d’ailleurs très littéraires et sont signés de l’auteur du livre.

L’histoire est simple : on suit le parcours dans New York d’un « golden boy » qui veut aller se faire couper les cheveux chez son coiffeur attitré… Il fera le parcours dans son énorme limousine blanche, sorte de sous-marin qui l’isole complètement du monde extérieur. Il errera entre le cortège du président des états-unis, un enterrement et une émeute où les émeutiers brandissent des rats morts (rat = art ?). Peu de scènes hors de cette limousine, on assiste à une sorte de huis clos dans lequel le héros du film  reçoit son médecin, son conseiller informatique, des femmes (on reconnaîtra parmi elles Juliette Binoche)… Il va osciller tout le film entre « eros » et « thanatos », entre le désir, le fantasme ( il fera plusieurs fois l’amour dans sa voiture) et entre le désir de mort contre son garde du corps d’abord puis contre lui même.

Le film est une expérience difficile mais passionnante, David Cronenberg est un véritable auteur et cela se sent des les premières images. Il dirige aussi de manière exceptionnelle Rober Pattinson qui fait rapidement oublier Twilight. La critique de la société capitaliste est omniprésente et acerbe; le héros n’a de cesse, tout au long du long du film, et quels que soient les évènements autour de lui, de s’intéresser aux cours des devises et notamment le « yuan »

L’atmosphère du film, ses décors, les émeutes donnent une vision apocalyptique d’une société à bout de souffle; une société du futur ou si proche de nous ?

(à noter que le fils de David Cronenberg, Brandon Cronenberg, vient de réaliser son premier film, Antiviral, où il perpétue les obsessions familiales.. A suivre  ici même !!)

PAGANELLA : du rock bordelais…

paganella

paganella_room1Une découverte ! On aurait pu croire le rock français moribond (mais n’a-t-il jamais été  bien vivant…?), et soudain on le voit encore bouger, il lui reste donc un souffle de vie… Et ce souffle de vie s’appelle « Paganella » , un groupe de ROCK bordelais. Ils se sont formés en 2003 et vont un sortir un nouvel album début mars. Cet album a bénéficié de l’apport de Denis Barthe (ex batteur de Noir Désir) et cela s’entend dès le premier extrait… Dans la musique, mais aussi dans le texte.  Alors en entendant le disque complet, un petit          avant-goût : Bingo ! (c’est le titre de la chanson…).

Et leur site pour avoir des infos, les dates de concerts…

Et une chanson plus ancienne mais tout aussi « rock » !!

Albert CAMUS : l’étranger (théâtre)

TETRAL’étranger de Camus n’est pas une pièce de théâtre… L’acteur, le seul acteur de cette représentation, le rappelle en préambule : « Albert Camus a écrit l’Etranger en 1942, il a toujours refusé que ce roman soit adapté au théâtre ou au cinéma de son vivant… ». Un seul acteur, pas de décor, le challenge est élevé… Pas de décor ? Enfin si… Une corde, d’une dizaine de mètres de long, sert de fil (!) conducteur tout au long des scènes  elle deviendra la silhouette d’un cadavre, une porte, un lit, les limites d’un appartement, la surface du prétoire lors du procès… L’acteur la dispose, la met en place, la range et elle devient presque un deuxième comédien.. Ici pas d’écran entre le jeu de l’acteur et le spectateur…Dans cette petite salle du Grenier de Toulouse, on retrouve toutes les spécificités et les qualités du spectacle vivant. Ici pas d’écran entre l’acteur et le spectateur… Et l’on ne peut que saluer ici le travail formidable de l’acteur Laurent Colombert, portant ce texte de bout en bout. Il alterne une sorte de non lecture du texte et un jeu plus classique où il interprète les différents personnages… Meursault, le héros (anti héros) de ce roman, en premier lieu à qui il donne une présence impressionnante; le seul défaut est que Meursault étant « étranger » à ses émotions et finalement aux évènements, l’acteur l’interprétant parfaitement, il ressort peu ou pas d’émotion de son jeu… Mais c’est tout de même une rencontre exceptionnelle avec un texte que l’on connait, que l’on reconnait au fur et à mesure de la pièce :

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »

Et comme le disait Albert Camus en 1955 : « Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. »

Dennis Lehane : SHUTTER ISLAND en BD

shutter-island-bd

Shutter Island est avant tout un livre de Dennis Lehane, un auteur de romans policiers qui base très souvent ses histoires à Boston et dans sa région ; c’est d’ailleurs la cas de cette île : « Shutter Island » que l’on imagine au large de la côte nord-est des USA.

Denis Lehane est surtout connu pour sa série de romans ayant pour héros Kenzie & Gennaro,  un « couple » de détectives privés ; d’autres romans ont été aussi adaptés au cinéma : Mystic river,  Gone baby gone… Il a aussi écrit  « Un pays à l’aube »

Mais ici Shutter Island n’est pas vraiment un roman policier au sens strict du terme, c’est plutôt un roman d’angoisse, un thriller…

Et aujourd’hui, je voulais vous parler de son adaptation en BD…

On connait donc le livre, on connait l’adaptation cinématographique de Scorsese (avec  Leonardo Di Caprio  dans le premier rôle)  et voici une curiosité : Shutter Island en BD !

Ce « roman en bulles » fait partie d’une collection « Rivages Noirs » qui comprend l’adaptation de grands romans noirs de l’éditeur;  ces adaptations sont toujours d’une grande qualité : les dessinateurs sont choisis avec soin et les textes bien adaptés.

Ici aussi, Shutter Island bénéficie du coup de crayon de Christian de Metter qui rend admirablement l’ambiance glauque et angoissante de l’île…

Et la « surprise » de la fin du livre est bien présente dans les dernières cases…