SUNDAY JOKE – FRANCIS BLANCHE & PIERRE DAC – LE SAR RABINDRANATH DUVAL

blanche_dacRions, rions, rions, puisque c’est dimanche et que, depuis quelques semaines, je vous propose de rire le dimanche… de semaine en semaine, l’actualité ne prête toujours pas à sourire? Alors j’ai été cherché un classique, un incontournable, , Le Sâr Rabindranath Duval (1957) qui est un des plus célèbres sketchs comiques créés par Francis Blanche et Pierre Dac. C’est une parodie des numéros de music-hall de divination qui met en scène un dialogue entre un mage (Pierre Dac, faussement indien puisqu’il vient de Châteauroux, dans l’Ind(r)e) et son assistant (Francis Blanche).

Attention, que personne ne fasse de rapprochement entre ce sketch, ces divinations pourries et l’actualité justement… Je n’en dirai pas plus !!

« – De quoi dînez-vous Monsieur le Sâr Rabindranath Duval ?
– Je dîne d’huile.
– Ah bon ?
– Oui, tous les Sârs dînent à l’huile ! (Les sardines à l’huile.) »

 

Texte du sketch :

FRANCIS BLANCHE :  Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, j’ai le grand plaisir honorifique de présenter à vous ce soir, n’est-ce pas, tout à fait exceptionnellement dans le plus simple appareil, une beauté qu’on vient d’arracher, à on ne sait pas à quoi d’ailleurs ! De vous présenter le Sar Rabindranath Duval, qui est le descendant authentique des grands Sars, des grands visionnaires de l’Inde, n’est-ce pas ! Votre Sérénité…
PIERRE DAC : Hum ! Hum !
FRANCIS BLANCHE : Vous avez bien dîné déjà ? Bon ! Vous descendez des grands Sars de l’Inde, n’est-ce pas ?
PIERRE DAC : Oui.
FRANCIS BLANCHE : Vous êtes né dans l’Inde ?
PIERRE DAC : je suis né dans l’Inde.
FRANCIS BLANCHE : À quel endroit de l’Inde ?
PIERRE DAC : Châteauroux.
FRANCIS BLANCHE : À Châteauroux ! Extraordinaire ! Vraiment ! D’ailleurs, je crois savoir de source sûre que votre père était hindou !
PIERRE DAC : Hindou, oui.
FRANCIS BLANCHE : Votre grand-père ?
PIERRE DAC : Hindou.
FRANCIS BLANCHE : Et votre arrière-grand-père ?
PIERRE DAC : C’était un dur.
FRANCIS BLANCHE : Voilà donc par conséquent, n’est-ce pas, il a depuis de longues années la pratique de la vision hindoue. Dites-moi, Votre Sérénité, vous avez le don de double vue ?
PIERRE DAC : Oui, je vois double.
FRANCIS BLANCHE : Il voit double ! Je m’en doutais un peu d’ailleurs ; vous voyez donc, mais c’est héréditaire ?
PIERRE DAC : Héréditaire !
FRANCIS BLANCHE : C’est atavique.
PIERRE DAC : Non, c’est à moi !
FRANCIS BLANCHE : Je veux dire, c’est congénital !
PIERRE DAC : Non c’est quand j’ai trop bu.
FRANCIS BLANCHE : II faut dire, n’est-ce pas, je tiens absolument à préciser que Sa Sérénité fait de grands exercices tous les jours, quotidiennement presque, pour conserver don de double vue. Il fait le yoga, n’est ce pas? Vous faites le yoga ?
PIERRE DAC : Oui, oui.
FRANCIS BLANCHE : C’est le yoga de…
PIERRE DAC: La Marine !
FRANCIS BLANCHE : Et il surveille également de très près son alimentation… Quelle est votre alimentation ? Qu’ est-ce que vous prenez pour votre dîner ?
PIERRE DAC : Uniquement de la cuisine à l’huile.
FRANCIS BLANCHE : La cuisine des Sars ?
PIERRE DAC : La cuisine des Sars, oui !
FRANCIS BLANCHE : Oui, mais pourquoi ?
PIERRE DAC : Parce que les Sars dînent à l’huile !
FRANCIS BLANCHE : Les Sars dînent à l’huile ! Vraiment, ce n’est pas trop tiré les cheveux du tout parce qu’il n’en a plus ! Alors, si vous permettez, nous allons nous livrer sur quelques personnes de l’assistance publique à des expériences tout à fait extraordinaires. Votre Sérénité, je vais vous demander de vous concentrer soigneusement… Voilà ! Vous êtes concentré ?
PIERRE DAC : Je suis concentré.
FRANCIS BLANCHE : II est concentré… comme on dit chez Nestlé… parfait Votre Sérénité, concentrez-vous bien vous êtes en transe ?
PIERRE DAC : Oui, je suis en transe napolitaine.
FRANCIS BLANCHE : En transe napolitaine, n’est-ce pas? Votre Sérénité, concentrez-vous bien, et dites-moi, je vous prie, quel est le signe zodiacal de monsieur ?
PIERRE DAC : Monsieur est placé sous le double signe du Lion et du fox à poil dur.
FRANCIS BLANCHE : Oui, dites-moi quel est son caractère ?
PIERRE DAC : Impulsif, parallèle et simultané.
FRANCIS BLANCHE : Quel est son avenir ?
PIERRE DAC : Monsieur a son avenir devant lui, mais il l’aura dans le dos chaque fois qu’il fera demi-tour.
FRANCIS BLANCHE : Il est vraiment extraordinaire ! Voulez-vous me dire, à présent, quel est le signe zodiacal de mademoiselle ?
PIERRE DAC : Mademoiselle est placée sous le triple signe bénéfique de la Vierge , du Taureau et du Sagittaire avant de s’en servir.
FRANCIS BLANCHE : Ah ! C’est ça. Il a raison ! Il a mis dans le mille, n’est-ce pas ? Il a mis dans lé mille, comme disait Jean-Jacques Rousseau. Votre Sérénité, au lieu de vous marrer comme une baleine… Excusez-nous, Sa Sérénité est en proie aux divinités contraires de l’Inde : Brahma et Vichnou. Brahma la guerre et Vichnou la paix. Voulez-vous me dire, s’il vous plaît, Votre Sérénité, quel est l’avenir de mademoiselle ?
PIERRE DAC : L’avenir de mademoiselle est conjugal et prolifique.
FRANCIS BLANCHE : Ah ! Prolifique ?
PIERRE DAC : Oui !
FRANCIS BLANCHE : Qu’est-ce que ça veut dire ? Elle aura des enfants ?
PIERRE DAC : Oui !
FRANCIS BLANCHE : Des enfants ?
PIERRE DAC : Des jumelles.
FRANCIS BLANCHE : Des jumelles ! ! ! Combien ?
PIERRE DAC: Une paire avec la courroie et l’étui !
FRANCIS BLANCHE : Voulez-vous, à présent, je vous prie, me dire quel est le signe zodiacal de monsieur ?
PIERRE DAC : Ce monsieur est placé sous le signe de Neptune, Mercure au chrome.
FRANCIS BLANCHE : Quels sont ses goûts ?
PIERRE DAC : Monsieur a des goûts sportifs. Son sport préféré, le sport cycliste.
FRANCIS BLANCHE : Bien. Qu’il peut pratiquer sans inconvénient ?
PIERRE DAC : Oui, mais à condition toutefois de se méfier.
FRANCIS BLANCHE : Se méfier ? De qui ? De quoi ?
PIERRE DAC : De certaines personnes de son entourage qui prétendent que sa compétence dans le domaine de la pédale exerce une fâcheuse influence sur son comportement sentimental.
FRANCIS BLANCHE : Ah ! Encore une fois vous avez mis dans le mille. Mais, dites-moi, qu’est-ce que vous lui conseillez municipal ?
PIERRE DAC : Je lui conseille vivement de ne pas changer de braquet et de surveiller son guidon.
FRANCIS BLANCHE : Votre Sérénité, tout à fait autre chose à présent. Pouvez-vous me dire quel est le sexe de monsieur ?
PIERRE DAC : Masculin.
FRANCIS BLANCHE : Oui. Vous êtes certain ?
PIERRE DAC: Oui. Vous pouvez vérifier.
FRANCIS BLANCHE : Non, non, on vous croit sur parole ! Et dites-moi, quelle est sa taille ?
PIERRE DAC: Un mètre soixante-seize debout, un mètre cinquante-six assis, zéro mètre quatre-vingt-trois roulé en boule.
FRANCIS BLANCHE : Et dites-moi, il pèse combien ?
PIERRE DAC : Oh… deux fois par mois !
FRANCIS BLANCHE : Non, non ! Excusez le Sar, n’est-ce pas, il ne comprend pas bien le français. Je vous demande quel est son poids P.O.I.X. ?
PIERRE DAC : Soixante-douze kilos cinq cents ! sans eau sans gaz et sans électricité.
FRANCIS BLANCHE : Oui, dites-moi quel est le degré d’instruction de monsieur ?
PIERRE DAC : Secondaire.
FRANCIS BLANCHE : Oui. Est-ce que monsieur a des diplômes ?
PIERRE DAC : Oui, monsieur est licencié G.L.
FRANCIS BLANCHE: Licencié G.L ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
PIERRE DAC : Ça veut dire qu’il travaillait aux Galeries Lafayette et qu’on l’a foutu à la porte.
FRANCIS BLANCHE : S’il vous plaît, Votre Sérénité, concentrez-vous bien, combien monsieur a-t-il de dents ?
PIERRE DAC : Trente dedans et deux dehors !
FRANCIS BLANCHE : Voilà très bien ! Monsieur a-t-il des complexes
Pierre Dac : Oui! Monsieur fait complexe… À certains moments, il prend sa vessie pour une lanterne.
FRANCIS BLANCHE : Et alors ?
PIERRE DAC: Et alors, il se brûle !
FRANCIS BLANCHE : Dites-moi, Votre Sérénité, mon petit bonhomme, dites-moi de quelle nationalité est madame ?
PIERRE DAC : Française.
FRANCIS BLANCHE : Oui. Et son père ?
PIERRE DAC : Esquimo !
FRANCIS BLANCHE : Et sa mère ?
PIERRE DAC : Pochette-surprise !
FRANCIS BLANCHE : Très bien !… Et ta sœur ?
PIERRE DAC : Ma sœur, elle bat le beurre et quand elle battra…
FRANCIS BLANCHE: Bon, bon, oui, ça va !
PIERRE DAC : Escroc, voleur !
FRANCIS BLANCHE : Espèce de mal élevé, mauvaise éducation, excusez-le, il n’y a pas longtemps… Il en a une couche là-dessus ! Tiens, encore il y a trois ans, il n’avait même pas un plateau, il avait directement le pied de la table… Mais enfin, ça c’est autre chose… Votre Sérénité, pouvez-vous me dire, s’il vous plaît… ?
PIERRE DAC: Oui !
FRANCIS BLANCHE : Euh !
PIERRE DAC : Quoi ?
FRANCIS BLANCHE: Qu’est-ce que vous pouvez me dire ?
PIERRE DAC : Je peux vous dire que vous ne savez plus votre texte…
FRANCIS BLANCHE : Si vous étiez intelligent, dites-moi donc qu’est-ce que je dois vous demander à présent ? Votre Sérénité, pouvez-vous me dire, c’est très important, concentrez-vous, pouvez-vous me dire quel est le numéro du compte en banque de monsieur ?
PIERRE DAC : Oui.
FRANCIS BLANCHE : Vous pouvez le dire ?
PIERRE DAC : Oui ! !
FRANCIS BLANCHE : Vous pouvez le dire ?
PIERRE DAC : Oui !!
FRANCIS BLANCHE : Il peut le dire !! Bravo ! II est extraordinaire, il est vraiment sensationnel. Votre Sérénité, quelle est la nature du sous-vêtement de monsieur ?
PIERRE DAC : – Monsieur porte un slip.
FRANCIS BLANCHE : Oui. De quelle teinte ?
PIERRE DAC : Saumon fumé.
FRANCIS BLANCHE : Tiens, tiens, en quoi est-il ?
PIERRE DAC : En chachlick mercerisé.
FRANCIS BLANCHE : Ah ! II a un signe particulier ?
PIERRE DAC : Oui. II y a quelque chose d’écrit dessus.
FRANCIS BLANCHE : Quoi donc ?
PIERRE DAC : Suivez la flèche.
FRANCIS BLANCHE : C’est merveilleux. Tout à fait extraordinaire ! Votre Sérénité, monsieur que voici que voilà a-t-il un signe particulier ?
PIERRE DAC : Oui, un tatouage.
FRANCIS BLANCHE : Ah ! Un tatouage ! Très intéressant ! C’est bien exact, n’est-ce pas ? Je ne le lui fais pas dire ! C’est bien exact ! Et où se trouve situé le tatouage de monsieur ?
PIERRE DAC : Je suis extrêmement fatigué, je m’excuse…
FRANCIS BLANCHE : Allons, allons, voyons… Monsieur Schumaker !
PIERRE DAC : … C’est très délicat et je suis fatigué.
FRANCIS BLANCHE : II est dans un état épouvantable, excusez-le. Votre sérénité, je vous demande où se trouve situé le tatouage de monsieur ?
PIERRE DAC : Le tatouage de monsieur est situé à un endroit que l’honnêteté et la décence m’interdisent de préciser d’avantage.
FRANCIS BLANCHE : Ah ! bon, mais qu’est-ce que vous entendez par là ?
PIERRE DAC : Oh ! par là j’entends pas grand-chose !
FRANCIS BLANCHE : Je vous prie de vous concentrer davantage, espèce de malotrou ! Alors, que représente le tatouage de monsieur, s’il vous plaît ?
PIERRE DAC : Bon ! Le tatouage de monsieur représente… enfin… lorsque monsieur est en de bonnes dispositions… le tatouage représente : d’un côté la cueillette des olives en Basse-Provence, et de l’autre un épisode de la prise de la Smalah d’Abd el-Kader par les troupes du duc d’Aumale en 1843.
FRANCIS BLANCHE: Ah ! Parfait ! Et de plus ?
PIERRE DAC : Et c’est en couleurs !
FRANCIS BLANCHE : Ah ! C’est en couleurs ! Bravo ! Mes félicitations, monsieur ! Vraiment, si, si, vraiment très bien ; mes compliments, madame ! Madame a de la lecture pour les longues soirées d’hiver, c’est parfait. Votre Sérénité, vraiment, vous avez été extraordinaire, c’est vrai, vraiment, il est vareuse… il est vareuse…
PIERRE DAC : Eh ! …
FRANCIS BLANCHE : Non, il est unique, pardon, je me suis trompé de vêtement, mais ça ne fait rien. Il ne me reste plus qu’à envoyer des baisers à l’assistance publique. Bonsoir, mesdames, bonsoir, mesdemoiselles et bonsoir, messieurs.

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